1) Qu’est ce que l’homochromie ?
L’homochromie désigne un des mécanismes fondamentaux du camouflage que les animaux possèdent. Il est aussi utile pour se dissimuler des prédateurs que pour attraper ses proies. C’est donc un des nombreux moyens employés par une espèce pour assurer sa survie. Chez le caméléon comme chez certains crustacées, poissons ou batraciens, elle est dite variable car ils ont la possibilité d’adapter leur coloration à leur environnement à n’importe quel moment, par opposition à l’homochromie simple qui ne permet pas cette adaptation. La vitesse de celle-ci varie énormément selon les espèces : elle est lente chez la crevette alors que la seiche n’a besoin que de quelques dixièmes de secondes.
2) Fonctionnement de l’homochromie
Pour comprendre son principe, il faut connaître la structure et l’organisation de la peau du caméléon.
On trouve dans le tégument du caméléon de petites cellules élastiques en forme d’étoiles contenant des pigments et appelées chromatophores, du grec khroma (couleur) et phoros (porter). Ce sont ces cellules pigmentaires qui sont responsables des variations de teintes prises par le caméléon. Celui-ci possède quatre types de chromatophores différents : des guanophores avec de la guanine dont la couleur varie du jaune au bleu en passant par le blanc suivant la luminosité dans l’épiderme, des érythrophores avec des pigments rouges, des xantophores avec de la ptéridine jaune et enfin des mélanophores qui contiennent de la mélanine noire ou brune dans le derme .
Les couleurs que nous voyons sont le résultat de la synthèse additive des couleurs des ces pigments selon le modèle ci-dessous. Par exemple, un rayon lumineux filtré bleu par un guanocyte, et qui rencontrerait un xanthophore jaune avant d'être renvoyé vers la surface offrirait une couleur verte.
La synthèse additive des couleurs
Les changements de couleur physiologiques sont la plupart du temps liés à une modification de la distribution spatiale des grains des pigments, dont la quantité reste toujours constante. En effet, les pigments à l’état dispersé sont beaucoup plus visibles que lorsqu’ils sont accolés les uns aux autres et forment une masse punctiforme. De plus, les chromatophores sont entourés d’un petit muscle circulaire. Quand ce muscle se détend, les cellules prennent plus d’espace et les pigments qu’elles contiennent s’étalent. On dit que le chromatophore est en expansion et on observe une couleur foncée. A l’inverse, quand le muscle se contracte, les pigments se concentrent en un point minuscule qui ne se voit pas ; c’est un chromatophore en contraction qui donne une couleur claire.
Nous verrons dans la partie III°/ comment les contractions et relâchements musculaires sont contrôlés.

Créer un site gratuit avec e-monsite.com - Signaler un contenu illicite